Les femmes et le Karaté

Les femmes et le Karaté 5.pngLoin d’assouvir des velléités belliqueuses et délestée d’ancestraux complexes d’infériorité, étiquettes élimées, la pratique du karaté cultive chez les femmes une force mentale investie dans la gestion complexe du quotidien : l’éducation des enfants, les responsabilités professionnelles, les tâches ménagères, l’inscription dans une vie sociale active.

La pratique régulière du karaté est parfois une gageure pour les femmes. Dans la disgrâce de certains matins, un accident de voyageur dans les transports en commun, un enfant malade,  un ado qui exprime bruyamment l’insoutenable nullité de ses parents, un hiérarchique tatillon, des salariés acrimonieux, un compagnon et des amis qui fustigent un manque de disponibilité… mettent à rude épreuve la détermination des femmes à évoluer dans la pratique du karaté.

Cependant, les solidarités et la bienveillance d’un grand nombre de participants au seinLes femmes et le Karaté 4.png du club dopent la motivation des femmes qui pratiquent le karaté pour faire face à l’adversité. La pratique du karaté accroît un sentiment intérieur de sécurité pour 90 % des femmes. L’exigence de la discipline, l’application de ses techniques et parfois les douleurs d’un corps endolori conduisent au dépassement de soi.

Puis jaillit cette alchimie éphémère où souffle, maîtrise et agilité se conjuguent au tempo d’un exercice collectif ou d’un travail à deux. Concentration, attitude martiale : oublier la grève surprise des professeurs des écoles, oublier les courses à faire, oublier l’actualité affligeante, oublier les agressions ordinaires, oublier les multiples concessions… être disponible, respirer, ne penser qu’à percevoir le mouvement, être ce mouvement.

La finalité spirituelle du karaté – ne pas blesser autrui, cultiver la voie de la paix – et le respect de ses règles, sont gages d’une pratique en toute sécurité incarnée par le Sensei. Aussi, exception faite d’une infime minorité de femmes et d’hommes dépourvue de noblesse, venue en découdre –  confondant parfois participants et punching-ball sur pieds -, la stature du partenaire, sa force, son niveau…  développent des qualités d’adaptation et non la crainte de blessures. Seule, la mise en situation importe dans le plus authentique partage de potentiels et d’apprentissages. Et au gré des affinités, d’élans fraternels, semblable et singulier fusionnent pour le plaisir de la pratique du karaté.

Les femmes et le Karaté 1L’énergie, la souplesse, la combativité, la force mentale déployées au cours de la pratique du karaté révèlent aux femmes des qualités intrinsèques inexploitées. Hors des cours de karaté, l’esprit entraîné se concentre plus aisément sur les différentes tâches à accomplir, s’évertue à aller de l’avant, à faire ce qui doit être fait, à s’affirmer, à éviter un conflit lorsqu’il peut  l’être, à prioriser les urgences, à dépasser la fatigue, la lassitude des jours recommencés, à prendre soin de soi sans négliger les autres…

Quels que soit l’âge, le statut social et la condition physique des femmes, une harmonie entre le corps et l’esprit naît de la pratique du karaté. Elle correspond pour les femmes à un code éthique, à des valeurs humanistes, à une philosophie de vie, un accomplissement de soi tourné vers les autres.

 

Francine Vuillerot
Ceinture Noire 3ème Dan Karaté Shotokan

 

Les femmes et le Karaté 6.pngLorsqu’on parle de karaté, la première image qui nous vient est celle d’un sport violent, viril et essentiellement masculin. Dans la société actuelle le cliché de la femme fragile n’a plus sa place. La femme d’aujourd’hui est dynamique, sportive et indépendante.

Le karaté offre aux femmes la possibilité de conserver souplesse, élégance, grâce et procure un équilibre physiologique et psychologique. Mais contrairement à ce qu’on peut imaginer si l’on n’a jamais pratiqué le karaté, ce n’est pas la force physique qui va permettre d’atteindre l’efficacité et, par conséquent, une femme peut tout autant qu’un homme devenir très efficace dans un combat.

Pour être efficace en combat, il faut avoir le sens de l’esquive, le sens de la distance de sécurité, l’intuition, la perception de l’intention de l’adversaire qui seront beaucoup plus importants que la force physique, et ceci une femme peut l’acquérir tout aussi bien, sinon mieux, qu’un homme.

Les femmes et le Karaté 7.png

Grâce à des femmes déterminées mais aussi à des hommes sensibilisés à la pratique
féminine, les pratiquantes ont pu accéder à la compétition de haut niveau mais aussi à l’arbitrage et devenir des entraîneurs dans un environnement plutôt masculin. C’est une discipline à tradition masculine où les femmes commencent à être bien représentées.

Il n’y a donc aucune crainte qu’une femme perde sa féminité en pratiquant le karaté, bien au contraire. Le karaté semble avoir définitivement su plaire à une population féminine de plus en plus nombreuse et permet de canaliser son énergie, d’apprendre à se maîtriser et peut faire naître une harmonie entre le corps et l’esprit.

C’est une véritable « philosophie de vie ».

Dominique Gueit
Ceinture Noire 4ème Dan Karaté Shotokan

%d blogueurs aiment cette page :